cadavres exquis
Photos by L. Pillonel chorégraphie, dramaturgie: Béatrice Jaccard
mise en scène, décor: Peter Schelling
danse et collaboration chorégraphique: Béatrice Jaccard, Monica Munoz Marin, Judith Rohrbach et Marco Volta
musique: Helga Pogatschar
musiciens: Delphine Richard (violon 1), Stéphanie Jungo (violon 2), Valentine Ruffieux (alto), Sébastien Bréguet (violoncelle) de l’ Orchestre de Chambre Fribourgeois
ou Joe Rappaport (violon 1), Luciana Beleaeva (violon 2), Gunter Pretzel (alto),
Graham Waterhouse (violoncelle)
lumières: François Gendre costumes: Daphné Ineichen
montage vidéo: Sergej Nikokochev technique vidéo: Michael Egger
production, administration: Beatrice Rossi
première 24 novembre 2010 Nuithonie Fribourg
spectacles: Schwere Reiter, Munich (d), Tanzhaus Zurich (ch), Theater Roxy, Bâle (ch)
co-production: compagnie drift, Nuithonie – Fribourg, Schwere Reiter MUSIK – Munich, Theater Roxy – Bâle, Tanzhaus Zurich
« Cadavres exquis » est un protocole expérimental pour trois danseuses, un danseur et quatre musiciens d’instruments à corde.
"cadavres exquis", le titre de la nouvelle pièce des chorégraphes Béatrice Jaccard et Peter Schelling, se réfère certes à la technique du collage surréaliste, mais il est surtout pris dans son sens littéral, puisque des presque cadavres, des "dépouilles délicieuses" peuplent progressivement la scène.
Les amateurs d’humour noir se réjouiront de découvrir toutes les variations possibles sur le thème de l’agonie.
S’inspirant de l’esthétique du film noir et de la gestique expressive des films d’art martiaux, les ultimes effondrements se prolongent à souhait, tandis que la mort apparente sert d’élément ludique. Le langage gestuel élaboré par la Cie Drift est à la fois sophistiqué et moqueur. Les mouvements brusques et hachés, les chutes sans fin, durant lesquelles les mouvements se déconstruisent, les torsions et les déformations, les séquences au ralenti et les accélérations font apparaître une beauté d’un genre particulier.
La répétition presque à la chaîne des agonies permet de tourner en dérision ce qui, en soi, n’a vraiment rien pour nous faire rire; la peur est ainsi conjurée et repoussée vers l’absurde.
À l’instar du bombardement constant de bribes émotionnelles et d’images sans liens auquel nous expose les médias, les images de « Cadavres exquis s’enchaînent comme dans un dessin animé, sans contexte, avec parfois des ruptures brutales, et des protagonistes qui reviennent toujours à la vie, comme dans les jeux vidéo.
En guise de réconciliation, des moments paisibles et oniriques s’insèrent entre les morts à la façon d’un collage, pour nous offrir, à côté de l’humour noir, des plages de tendresse et d’intimité.
EXTRAITS DE PRESSE
Des «Cadavres exquis» dans le véritable sens du terme
Il faut prendre la Cie Drift au mot. Lorsque qu’ils intitulent leur pièce «Cadavres exquis», ils se réfèrent certes à la technique de collage surréaliste, mais ils prennent surtout le titre dans son sens littéral. Des «presque cadavres» meurent au ralenti et s’effondrent tout en déconstruisant leurs mouvements, le regard fixé sur la mort… Un moyen de tourner en dérision ce qui n’a vraiment rien de drôle. L’esthétique du film noir est reprise ici avec ironie. En se répétant presque à la chaîne, les agonies sont pour ainsi dire conjurées et repoussées vers l’absurde. Les mille variations possibles qu’elles inspirent réjouiront tous les amateurs d’humour noir. Faite de mouvements brusques et hachés ou s’inspirant de la gestique expressive des films d’arts martiaux, une gestuelle sophistiquée de la dérision permet d’allonger la durée des chutes ultimes et de s’adonner au jeu de la mort apparente. On serait tenté de parler d’une pièce conceptuelle, s’il n’y avait pas aussi ces moments où l’on reprend son souffle. Des moments sans rapport direct entre eux, qui se réfèrent bel et bien à la technique du collage surréaliste. Exquis !
La Liberté, Fribourg, CH, 26.11.2010
Avec Drift dans les marais de l’absurde…
… Dans sa toute nouvelle création, la Cie Drift aborde le macabre, le grotesque et l’absurde… Des images fortes qui ne s’oublient pas de si tôt et que la pièce enchaîne comme dans un dessin animé. Yeux agrandis par la peur, griffes toutes dehors, jambes tournoyantes soulevant des nuages de poussière… . Ces bribes d’expression émotionnelles alimentent la conscience de l’individu contemporain. Détachées de tout contexte, elles déferlent sur lui dans un bombardement d’affiches et de clips. Le flux de la conscience a depuis longtemps été remplacé par des impressions hachées mais toujours ressuscitées, comme les héros guerriers de nos jeux vidéo…. Félicitons Drift pour cette chorégraphie toute en intelligence. Freiburger Nachrichten, CH, 26.11.2010
avec les soutien de: Kulturförderung der Stadt Zürich, Fachstelle Kultur Kanton Zürich, Pro Helvetia – Schweizer Kulturstiftung, Kanton Freiburg – Kulturförderung, Loterie Romande, Landeshauptstadt München – Kulturreferat, kulturelles.bl, Ernst Göhner Stiftung, Zuger Kulturstiftung Landis & Gyr, Sophie und Karl Binding Stiftung, MIGROS Kulturprozent, Dr. Adolf Streuli-Stiftung