unkaputtbar
Idée: Peter Schelling mise en scène et dramaturgie: Béatrice Jaccard chorégraphie et interprètes: compagnie drift - Massimo Bertinelli, Thomas Maucher, Michael Rüegg, Peter Schelling musique originale: François Gendre et Massimo Bertinelli décor: Peter Schelling lumière: François Gendre costumes: Daphné Ineichen production et compagnie management: Beatrice Rossi
Première 26. Oct. 2005 Espace Nuithonie
une co-production de compagnie drift avec Espace Nuithonie, Villars-sur-Glâne
performances: Espace Nuithonie, Villars-sur-Glâne (CH), Theater an der Sihl, Zurich (CH), 9th European Dance Festival, Limassol (CY), « La Bâtie » Festival de Genève – Château Rouge, Annemasse (F), Tanztage Basel – Roxy, Basle (CH), Intern. Mime Square Festival, Aarschot (B), Théâtre la Fourmi, Lucerne (CH), Annual Intern. Presentation of Contemporary Dance Forms, Kalisz (PL), Silesian Dance Theatre, Bytom et Cracovie (PL), Tanztage Dresden (D), New Baltic Dance ’07, Vilnius (LT), Romaeuropa – Teatro Palladium, Roma (I), 24th Dance Week Festival, Zagreb (HR), World Performing Arts Festival, Lahore (Pakistan), MU Theatre, Budapest (H), Gomhoreya Theatre, Cairo (Egypt)
„unkaputtbar“ bénéficie du soutien de Präsidialdepartement der Stadt Zürich, Pro Helvetia - Fondation suisse pour la culture, Canton de Fribourg – Encouragement à la culture, Fachstelle Kultur Kanton Zürich, Stanley Thomas Johnson Foundation, Zuger Kulturstiftung Landis & Gyr, Kulturstiftung Winterthur, Familien-Vontobel-Stiftung, Dr. Adolf Streuli-Stiftung, Stiftung der Schweizerischen Landesausstellung 1939 , Schweizerische Interpreten-Stiftung, Migros Kulturprozent
Un spectacle de danse tordu, dans lequel quatre hommes s’accompagnent dans d’absurdes égarements, et qui, increvables, retombent toujours sur leur pied plus au moins et n’abandonnent jamais. Entre eux règne une franche camaraderie qui parfois dégénère.
Ils bâtissent des pyramides et poussent leurs amis à servir de pierre de taille. Ils s’égarent volontiers en cours d’ascension et passent maîtres dans l’art de dévisser.
En tombant, ils espèrent toujours pouvoir apprendre à voler. Et constatent, soulagés, que la gravité ne s’est pas envolée. Le monde leur apparaît si riche en mystifications qu’ils ont besoin de tout leur esprit pour ne pas y perdre pied.
Ils ne savent jamais si le réel est une illusion ou si leurs illusions sont bien réelles. Pour ne pas se perdre, ils inventent des réglementations retorses et des règles du jeu tortueuses qui envahissent et enserrent bizarrement la réalité.
Ils affirment simplement que des situations et des solutions absurdes sont rationnelles et logiques. Ils se tapent sur l’épaule pour se prouver qu’elle est toujours là.
C’est ainsi qu’ils essaient de maintenir leur route et de trouver le monde beau, car s’il était laid, leur vie serait ennuyeuse. En faite, ce qui leur plairait le plus, c’est de gravir des sommets et d’explorer des régions polaires; être des héros inutiles partant à la découverte de cavernes obscures, de profondeurs abyssales
et de déserts enneigés, dans un monde qui s’en porterait tout aussi bien s’ils ne le faisaient pas. A force d’efforts inouïs et malgré leurs doigts gelés, ils laisseraient d’ultimes messages au monde extérieur et à la postérité, mais sans vraiment réussir à éveiller l’attention.
Il se peut qu’arrivés au sommet, ils chercheraient de nouveaux continents. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’ils trouveraient dans l’inanité profonde de leur activité un sens profond à leur vie. Enchantés, ils s’installeraient comme chez eux dans la réalité qu’ils se seraient fabriqué.
Critiques
UN AMOUR-HAINE INSATIABLE
«… La personne chez qui la compagnie Drift arrive à l’improviste peut s’estimer heureuse… (Les danseurs) ressemblent à des pauvres clowns beckettiens, existences fragmentaires qui se tordent réciproquement les membres comme s’il s’agissait de torchons mouillés… Dans un amour-haine infatigable avec eux-mêmes et quatre immenses coussins d’air gonflés, les acteurs, d’humeur superbe, se moquent des rôles d’hommes. Prompts à l’autodérision, absurdes avec système… Chez Drift, un pas de deux ne donne jamais une impression d’apesanteur mais a quelque chose de brut. Mais ce rudimentaire a de l’élégance. ‚Incassable’, justement…» baz, Basel 22.9.06
LA DANSE DU POUVOIR DES HOMMES
« … une pièce divertissante, pleine d’idées amusantes et d’intermèdes acrobatiques, un décor richement fantaisiste et un design sonore raffiné, et surtout une mise en danse et en abîme du pouvoir des hommes …» bz, Basel, 21.9.0
Les princes sur le petit pois
«...Quatre solides gaillards, mais que le petit pois, s’il y en avait un sous la montagne de matelas, importunerait à coup sûr... Dans ‚Unkaputtbar’ (Incassable), ce groupe presque représentatif des maîtres de la création essaie de diverses manières d’afficher sa force et son courage et de se montrer dans les poses les plus favorables... L’humour raffiné qui traverse cette pièce…ne vient pas du persiflage des stéréotypes masculins, mais plutôt de l’esprit habitant le mouvement, qui ne fait que vaguement esquisser des gestes banals, tout en intégrant l’incertitude et l’échec dans la mise en scène... Affichant des mines de vainqueurs imperturbables, ils effectuent leurs tours de force avant de finir par se fracasser sur le sol...Une pièce dense, harmonieuse...et surprenante...Ces héros au crâne dur et tête à l’envers, ces quatre princes touchants, ces êtres alertes qui retombent toujours sur leur pied et ces cow-boys clownesques ne sont finalement que des débrouillards au milieu du cirque de l’existence…...» Neue Zürcher Zeitung, Zurich, 24.11.05
Des rêves d’hommes vus par des femmes
«...Une manière intelligente de jouer avec les images habituelles de la masculinité...
...C’est ainsi que des matelas se balançant dangereusement sont escaladés comme s’il s’agissait d’un sommet enneigé et qu’au bord du précipice, on s’empresse de faire encore une joyeuse photo de groupe avec le déclencheur automatique avant que tout s’écroule et ensevelisse nos courageux. Et ceux-ci, en bons braves, ne laissent voir ni douleur ni frayeur et se dirigent comme si de rien n’était vers un nouveau défi, car c’est une affaire d’honneur...» Tages-Anzeiger, Zurich, 24.11.05
Des increvables optimistes
«La Compagnie Drift au sommet de sa forme.
‚unkaputtbar’...possède humour et double sens...
...Ils reprennent sans cesse leur élan pour effectuer des actes bizarres, essaient, curieux, toutes les possibilités et se donnent corps et âme à leurs actions jusqu’à ce qu’ils se cassent la gueule en retombant sur leurs pieds...Ils continuent, infatigables, faisant preuve de toujours autant d’engagement et d’un grand sérieux...
...Lorsqu’ils sont pris par des tics et perdent momentanément le contrôle de leurs membres ou cèdent à des automatismes, ils se battent pour retrouver la maîtrise de leurs mouvements et poursuivre leurs buts...
...La pièce oppose une inépuisable énergie vivifiante à tout ce qui est cassé, défectueux, triste et épuisé......
...Une recherche précise et constante dans les mouvements et un rythme très étudié donnent une touche de danse particulière au mélange de clownesque, d’excentricité et de virtuosité aussi bien athlétique qu’acrobatique ...» Der Landbote, Zürichsee-Zeitungen, Zurich 24.11.05
Vraiment Drift
«...Parfois semblable à des clowns, parfois ressemblant à quatre fous, mais toujours humain, trop humain: le quartet fait penser à ces figures tragi-comiques tels que Wladimir et Estragon dans „En attendant Godot“, mais aussi à ces hommes ordinaires, ces types qui se battent pour donner un sens à leur vie et que l’on rencontre parfois assis, perdus, dans un bar chic.
...On jure au moyen d’onomatopées et on en vient aux mains en se disputant. Les mouvements dévient, les gestes deviennent des tics...» Tanz der Dinge Décembre/Janvier 05/06, Suisse
S’accrocher, faire l’autruche, ou les deux
Avec « unkaputtbar », Cie. Drift a révélé une pièce aboutie, intense et drôle.
...la compagnie de danse fribourgo-zurichoise Drift a rélévé...une pièce aboutie, intense et drôle...
...Quatre individus dans un espace clos, offerts à l’observation du spectateur qu’ils vont surprendre par leurs comportements...
...Quatre danseurs, quatre ‚gueules’ fortes qui commencent par vous hypnotiser en se balançant, mi-lascifs, mi-absents, sur les gros matelas gonflables transparents...Ils se mettent debout sur le sol, secoués par saccades comme si leur membres leur échappaient...
...avec le plus grand sérieux, chacun va se débattre avec sa condition de petit homme qui se rêve indestructible. La sensation de l’absurde perce sous l’agitation, et Sisyphe n’est pas loin... On sourit de les voir, dans une chorégraphie qui alterne moments de jeu théâtral et de performance plus physique, raconter dans un délicieux décalage humoristique comment les humains se débrouillent avec leurs humanité...
...Avancer coûte que coûte, essayer de garder le contrôle, avoir l’air désinvolte même en déséquilibre,...prouver qu’on est supérieur... Ne pas douter qu’on est un acrobate merveilleux même si on a juste l’air ridicule, hurler son discours incompréhensible même quand le sol se dérobe sous vos pieds...
Mais aussi chercher presque désespérément à comprendre l’autre, à l’apprivoiser maladroitement...’
La Liberté, Florence Michel, Fribourg, Suisse, 28 Octobre 2005